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Les streptocoques du groupe B (SGB), généralement bénins chez les adultes en bonne santé, constituent l’une des principales causes de méningites et de sepsis chez les nouveau-nés.

Des chercheurs de l’Institut Pasteur et de l’Inserm viennent de démontrer que ces cas pédiatriques pouvaient découler de la mutation de la bactérie chez le nourrisson après transmission par sa mère. L’étude est parue le 17 août dans le Journal of Bacteriology, une publication de l’American Society for Microbiology.

 

Dans le cadre de cette étude, les chercheurs ont pour la première fois comparé des échantillons de SGB de nouveau-nés infectés et de leurs mères. Dans 5 échantillons de nouveau-nés sur 19, ils ont découvert que des mutations de SGB avaient un impact potentiel sur la virulence.

Les chercheurs émettent l’hypothèse que ces mutations sont apparues chez les nouveau-nés dans leurs premiers jours de vie, quand leurs défenses immunitaires se développent, exerçant une pression sélective sur les souches de SGB présentant un avantage adaptatif. Elles permettraient par exemple à la souche mutée d’échapper aux défenses immunitaires de l’hôte. « Le mécanisme favorisant ces mutations de virulence reste encore à découvrir », explique Pr. Claire Poyart, Directrice de l’équipe  Inserm Barrières et Pathogènes à l’Institut Cochin et du Centre National de Référence des Streptocoques.

Ces modifications génomiques n’ont cependant été observées que dans quelques cas ; la plupart des paires mère-nouveau-nés analysées présentant des SGB génétiquement identiques. « Le plus souvent, les SGB sont naturellement virulents chez les nouveau-nés », indique le Dr Philippe Glaser, chef de l’équipe Evolution et génomique bactérienne au sein de l’unité Biologie des bactéries pathogènes à Gram-positif, à l’Institut Pasteur.

 Les SGB sont des bactéries bénignes du tube digestif et des voies urogénitales, présentes chez 10 à 30 % des individus selon les estimations. La cause principale de l’apparition précoce d’infections à SGB chez les nourrissons serait due à l’aspiration de liquide amniotique ou de sécrétions vaginales contaminés par les SGB, provoquant une pneumonie ou un sepsis. Les cas survenant ultérieurement, après 2-3 semaines, correspondent le plus souvent à des méningites. Cette étude a porté majoritairement sur des paires d’échantillons infectées précocement, mais les différences génétiques ont surtout été observées sur les souches d’apparition tardive.

 « Il est urgent d’améliorer les interventions thérapeutiques contre les infections à SGB néonatales », souligne Claire Poyart.

llustration : SGB phagocytés par des polynucléaires neutrophiles. © Claire Poyart, CNR-Strep (AP-HP, Inserm) -

 

Source

Whole-genome comparison uncovers genomic mutations between group B streptococci sampled from infected newborns and their mothers, Journal of Bacteriology, 17 août 2015

Alexandre Almeida, Adrien Villain, Caroline Joubrel, Gérald Touak, Elisabeth Sauvage, Isabelle Rosinski-Chupin, Claire Poyart, Philippe Glaser

Claire Poyart : Institut Cochin (INSERM U1016, CNRS UMR8104, Université Paris Descartes)
24 rue du Fb St Jacques, 75014 Paris

Equipe : Barrières et Pathogènes

Voir http://www.pasteur.fr/fr/mutation-streptocoques-b-chez-les-nourrissons-apres-transmission-materno-foetale#sthash.I4c2RZHP.dpuf

Et aussi communiqué de presse issu de l’ASM