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L'équipe « Interactions Hôte-Virus » illustre comment le virus VIH-1 utilise un mécanisme non canonique d’autophagie pour favoriser sa dissémination

Le groupe de Clarisse Berlioz-Torrent publie dans la revue Cell Reports du 22 Novembre 2016 une étude illustrant le détournement par le VIH-1 d’un mécanisme non canonique d’autophagie pour contrer une barrière cellulaire défavorable à sa dissémination.  

 

La dissémination du Virus de l’Immunodéficience Humaine de type 1 (VIH-1) est un déterminant essentiel de la progression de la maladie vers le stade SIDA chez le sujet infecté. Pour contrer la propagation des virus, l’hôte a développé un arsenal de défenses immunes, dont des défenses cellulaires innées mettant en jeu des interactions entre protéines virales et protéines cellulaires. Parmi les composants de cette défense innée dirigée contre le VIH-1, on trouve les facteurs dit de « restriction », dont la protéine cellulaire BST2 pour « Bone marrow stromal antigen 2 », aussi nommée Tetherin. Ce facteur retient physiquement les nouveaux virus formés à la surface de la cellule productrice, réduisant de facto leur bourgeonnement et donc la production et la dissémination virale. Le groupe de Clarisse Berlioz-Torrent à l’Institut Cochin (U1016 Inserm, UMR 8104 CNRS, Université Paris Descartes Sorbonne Paris Cité) étudie comment le virus contre cette restriction virale. En effet, face à cette restriction, le virus a développé différentes stratégies pour diminuer le niveau d’expression de la protéine BST2/Tetherin présente au site de bourgeonnement viral et restaurer ainsi une production virale efficace. La protéine Vpu du VIH-1 est l’un des acteurs viraux capable de contrer cette barrière innée. En étudiant de plus près cette restriction virale, l’équipe de Clarisse Berlioz-Torrent vient de découvrir que certaines composants de l’autophagie, les protéines ATG5, Becline 1 et LC3C, sont nécessaires au virus pour lever cette restriction. L’autophagie est un mécanisme de dégradation intracellulaire impliquée dans des processus cellulaires variés comme la défense contre les infections, la mort cellulaire programmée ou la suppression des tumeurs. En empêchant l’expression d’ATG5, Becline 1 et LC3C, l’équipe a observé la réduction de la propagation virale : les virus s’accumulent en surface et dans des compartiments intracellulaires. L’équipe a décrypté les mécanismes en jeu : la protéine Vpu interagit avec LC3C et permet le ciblage des molécules de BST2 présentes au site de bourgeonnement viral vers la dégradation. Ce travail révèle que le virus VIH-1 via Vpu utiliserait une forme d’autophagie non canonique pour contrecarrer efficacement la restriction virale induite par BST2.

Ce travail a été réalisé avec le soutien financier de l’anrs et de sidaction.

 

En savoir plus:

LC3C contributes to Vpu-mediated antagonism of BST2/Tetherin restriction on HIV-1 release through a non-canonical autophagy pathway. Ursula Madjo1,2,3§, Olivier Leymarie1,2,3§, Stéphane Frémont1,2,3, Aurélia Kuster1,2,3, Mélanie Nehlich1,2,3, Sarah Gallois-Montbrun1,2,3, Katy Janvier1,2,3 and Clarisse Berlioz-Torrent*,1,2,3. § Co-first authors. Cell Reports 17, 1-13, November 22, 2016.

 

Contact

Clarisse Berlioz-Torrent:

 

Légende de la photo : la protéine Vpu du VIH-1 interagit avec LC3C et permet le ciblage des molécules de BST2/Tetherin présentes au site de bourgeonnement viral vers la dégradation.