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Equipe "Biologie des phagocytes, infection et immunité" dirigée par Florence Niedergang

Les voies de transport intracellulaire : de nouvelles stratégies thérapeutiques ?

L’activité des cellules est liée à la synthèse et au transport de protéines. Lorsque des dysfonctionnements affectent ces fonctions, cela peut engendrer l’apparition de pathologies ou favoriser une infection par des pathogènes. Des travaux publiés dans Science Advances identifient, via une chimiothèque, les molécules perturbant ce transport.

La synthèse de nouvelles protéines et leur transport vers des compartiments cellulaires précis où elles sont actives sont des fonctions indispensables au contrôle de l’activité cellulaire. A l’inverse, le dysfonctionnement des voies de transport cellulaire est souvent associé à l’apparition de pathologies et/ou à l’entrée de pathogènes dans l’organisme. Trouver un moyen de contrôler ou de perturber spécifiquement le transport de ces protéines constitue donc un enjeu thérapeutique important. 

Aujourd’hui, il est établi que de nombreuses voies de transport existent et il est donc envisageable de perturber spécifiquement le transport d’une protéine mise en jeu dans le développement d’une pathologie. 

Pour aller plus loin et suivre spécifiquement le transport de certaines protéines dans des cellules en culture, l’équipe de Franck Perez, directeur de l’Unité Biologie Cellulaire et Cancer UMR 144 (CNRS/Institut Curie), a développé un système d’analyse quantitatif du trafic intracellulaire (système RUSH) utilisant des robots de pipetage et des systèmes d’imagerie cellulaire automatisés, couplés à des algorithmes d’analyse d’images et de datas, afin de cribler à haut débit de larges collections de composés chimiques (chimiothèques) par imagerie cellulaire automatisée avec l’aide de la plateforme BioPhenics du CurieCoreTech de l’Institut Curie. 

En collaboration avec des équipes de l’Institut Cochin (Florence Nierdergang) et de l’Institut Pasteur (Anne Brelot), des petites molécules inhibant le transport de la protéine CCR5, corécepteur du virus de l’immunodéficience humaine (VIH) à la surface des cellules, ont été identifiées. Leurs effets sur l’infection par le VIH-1 ont été étudiés in vitro. Les auteurs montrent que l’inhibition de sécrétion de CCR5 vers la surface des macrophages primaires humains, grâce à ces molécules, protège partiellement ces cellules cibles de l’infection par le virus. L’avantage de ces molécules consiste à inhiber la sécrétion de CCR5 et non bloquer la liaison du virus au récepteur. 

Cette étude démontre la possibilité de réguler spécifiquement certaines voies de transport intracellulaire et ouvre des nouvelles pistes de recherche thérapeutique basées sur la biologie cellulaire.

 

En savoir plus

Targeting CCR5 trafficking to inhibit HIV-1 infection. Boncompain G, Herit F, Tessier S, Lescure A, Del Nery E, Gestraud P, Staropoli I, Fukata Y, Fukata M, Brelot A, Niedergang F, Perez F. Science Advances, 2019, Vol. 5, no. 10, eaax0821.

 

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