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Équipe Benoit Chassaing

L’équipe « Interactions microbiote/mucus dans les maladies inflammatoires chroniques », dans une étude publiée dans Nature Communicationsdémontre qu’une approche innovante d’immunisation permettait de moduler le microbiote intestinal murin de manière bénéfique, protégeant contre le développement de maladies inflammatoires chroniques. Ce travail a été réalisé en collaboration avec Andrew Gewirtz de la Georgia State University et Ruth Ley du Max Planck Institute.

 

Légende : observation de colon murin par microscopie confocale. Les bactéries du microbiote sont visualisées en rouge, le mucus intestinal en vert, l'actine des cellules intestinales en violet et leur ADN en bleu.

 

 

Le tractus gastro-intestinal est colonisé par des milliards de bactéries et autres micro-organismes, population collectivement nommée microbiote, et qui joue de nombreux rôles bénéfiques. Si ce microbiote n’est pas gardé sous contrôle par son hôte, il peut favoriser le développement de maladies inflammatoires chroniques telles que la rectocolite hémorragique, la maladie de Crohn, ou encore un syndrome métabolique.

Jusqu’à présent, les options thérapeutiques se sont concentrées sur la diminution de la réponse inflammatoire et ont souvent négligé la contribution du microbiote intestinal. Dans cette étude, les chercheurs ont souhaité déterminer si une réponse immunitaire ciblée pouvait être utilisée pour moduler de manière bénéfique le microbiote intestinal et protéger contre les maladies inflammatoires. 

En effet, ils avaient précédemment constaté que l’un des traits communs aux microbiotes associés à l’inflammation est une augmentation de l’expression de la flagelline par certains membres du microbiote. La flagelline étant le composant principal des organes de mobilité (flagelles) bactériens, son augmentation permet à certaines bactéries d’envahir la couche de mucus protégeant notre épithélium intestinal et normalement stérile (cf. figure), induisant ainsi une inflammation chronique.

Dans cette étude, des modèles murins ont été immunisés avec de la flagelline pour induire une réponse immunitaire adaptative et une telle immunisation ciblée était suffisante pour modifier à la fois la composition et la fonction du microbiote intestinal de manière bénéfique. Des anticorps anti-flagelline ont été produits et ont affecté le microbiote en réduisant son potentiel pro-inflammatoire et sa capacité de pénétration de la couche de mucus.

 

 

 

 

Dans un modèle murin, ces altérations de microbiote étaient associées à une protection contre l’inflammation intestinal et certaines dérégulations métaboliques. Ainsi, ces résultats suggèrent que cibler certains membres du microbiote – en particulier leur flagelline - peut offrir un moyen innovant de vacciner et protéger contre les maladies inflammatoires chroniques du tube digestif.

Ce travail est une preuve de concept, et des travaux supplémentaires sont maintenant nécessaires pour tester d'autres antigènes, d'autres moyens d’immunisation, ainsi que la pertinence de ces résultats pour l’Homme

 

L’étude est financée par la Crohn’s and Colitis Foundation, la Kenneth Rainin Foundation, le National Institutes of Health et l’European Research Council.

 

En savoir plus

Tran HQ, Ley RE, Gewirtz AT, Chassaing B. Flagellin-elicited adaptive immunity suppresses flagellated microbiota and vaccinates against chronic inflammatory diseases. Nat Commun. 10, 5650 (2019) doi:10.1038/s41467-019-13538-y

 

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